Journal · Réseaux sociaux

Faut-il être présent sur tous les réseaux sociaux ?

Une présence partout n’est pas une présence.

Publié le  · 4 min de lecture · Par Julie Fisseau

On vous a sans doute dit qu’il fallait être partout. Instagram, LinkedIn, une newsletter, et tant qu’à faire une chaîne vidéo. C’est plus simple, et moins épuisant, que ça : une présence partout n’est pas une présence, c’est une dispersion.

Cette idée que la visibilité se gagne au nombre de canaux est tenace. Elle rassure. Elle donne le sentiment de faire ce qu’il faut. Elle a surtout un défaut : elle confond être vu et être lu.

Le réflexe de vouloir être partout

La plupart des dirigeants que je rencontre n’ont pas choisi leurs réseaux. Ils les ont accumulés. Un compte ouvert parce qu’un confrère y était, un autre lancé pour un événement, un troisième parce qu’une formation l’avait conseillé.

Au bout d’un moment, la liste s’allonge et le doute s’installe : faut-il vraiment tenir tout cela ? La peur de manquer un canal, de laisser passer le bon, pousse à dire oui à chacun. C’est précisément là que la communication commence à se déliter.

Ce que coûte une présence dispersée

Être présent sur cinq réseaux ne multiplie pas votre visibilité par cinq. Le plus souvent, cela divise votre attention par cinq, et votre régularité avec.

Le premier coût est le temps. Chaque canal a ses codes, son format, son rythme. Bien tenu, un seul réseau demande déjà un vrai effort. Cinq tenus à moitié donnent cinq comptes tièdes, où l’on publie quand on y pense, puis plus du tout.

Le deuxième coût est moins visible : votre voix se brouille. À force d’adapter le même propos à des formats différents, on finit par ne plus très bien savoir ce que l’on dit. La marque perd en netteté ce qu’elle croyait gagner en couverture.

Le troisième coût, c’est vous. Tenir un front trop large épuise. Et une communication portée par lassitude se voit.

La vraie question n’est pas « où être »

La bonne question n’est pas sur combien de réseaux il faut être. C’est : où mes clients me lisent-ils vraiment ?

Vos clients ne sont pas partout, eux non plus. Une petite entreprise, un cabinet, une jeune marque : chacun a un endroit où son public passe du temps et prête attention. Parfois c’est LinkedIn, parfois Instagram, parfois une simple lettre par e-mail. Rarement les six à la fois.

Être présent là où l’on vous lit, et absent ailleurs, n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un choix de justesse.

Deux canaux tenus valent mieux que cinq à moitié

Un canal tenu, c’est un canal où l’on publie régulièrement, où l’on répond, où la voix est reconnaissable d’un message à l’autre. C’est cela qui construit une présence, pas la case cochée sur une plateforme de plus.

Deux réseaux choisis et tenus dans la durée installent quelque chose. On vous y retrouve, on vous y attend, on finit par vous y reconnaître. C’est exactement ce qui n’arrive jamais sur un compte abandonné au bout de trois publications.

Mieux vaut donc renoncer à un canal que le laisser mourir à moitié. Un réseau que vous ne tiendrez pas dessert votre marque plus qu’il ne la sert.

Trois critères pour choisir vos réseaux

Pour trancher, trois questions suffisent.

D’abord, où sont vos clients ? Pas où vous aimeriez qu’ils soient : où ils passent réellement leur temps. C’est le seul critère qui compte vraiment.

Ensuite, qu’est-ce que vous pourrez tenir ? Soyez honnête sur le temps et l’énergie dont vous disposez, surtout si vous portez seul votre communication. Un rythme modeste mais régulier vaut mieux qu’un plan ambitieux abandonné en février.

Enfin, quel format vous va ? Certaines personnes écrivent, d’autres parlent, d’autres montrent. Choisir un réseau dont le format épouse votre façon de vous exprimer, c’est s’épargner une lutte permanente.

Choisir, plutôt que tout couvrir

Être présent sur tous les réseaux n’a jamais été une stratégie. Choisir les bons, et les tenir, en est une.

Si vous hésitez sur les canaux qui méritent votre temps, c’est précisément le travail que je fais avec les TPE, PME et indépendants : poser une ligne éditoriale et un rythme tenables sur les bons réseaux, sans courir après tous les autres.

Choisir vos réseaux, tenir un rythme.

Trente minutes pour regarder vos canaux ensemble et décider lesquels méritent votre temps, sans engagement.

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